Portraits Croisés


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JULIEN PORISSE
ODEXPO : Présentez-vous en quelques phrases : qui êtes-vous et quel est votre parcours artistique ?
JULIEN PORISSE : Je suis une artiste confirmée, sexagénaire. Mon père était peintre professionnel et a exercé à Montmartre des années 1950 jusqu'à son décès en 2013. Il tenait une galerie près de la place du Tertre et vendait énormément d'œuvres… On estime sa collection à plus de 9 000 tableaux, et il a quasiment tout vendu. J'ai donc eu une expérience directe de la vie d'un peintre et du travail de l'ombre : marketing, vente, et surtout, convaincre les clients d'acheter. Je dois avouer que je n'étais pas préparée à devenir artiste, à endosser ce rôle, à maîtriser les codes, de l'histoire de l'art aux techniques artistiques. Je savais que seuls le temps et une pratique régulière de la peinture me permettraient d'atteindre le niveau où je me sentirais prête à me lancer pleinement dans le monde de l'art.

O : Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?
JP : Mes influences proviennent directement de mon lieu de vie : la lumière, la nature, mon bien-être spirituel. Pour commencer à peindre, il faut un espace à soi, se couper du tumulte quotidien et se plonger dans le rythme de la peinture. Je nourris mon esprit : je visite des galeries, des musées, je participe à des expositions collectives, je fais vivre l’art.

O : Comment décririez-vous votre style ou votre approche artistique ?
JP : Je peins principalement des abstractions géométriques, et de temps à autre, je m'adonne à quelques toiles figuratives pour garder la main et simplement apprécier le processus créatif. Avec l'abstraction, on n'est confronté ni au sujet ni au style ; l'art abstrait est plus psychologique et physique. Ces dernières années, j'ai simplifié mes peintures en réduisant les paysages à quelques rangées de carrés colorés, une sorte de pixellisation, mais différente car le paysage dicte mes choix. L'observation m'a incité à adopter un style qui, par la répétition de la méthode, devienne visuellement reconnaissable parmi la multitude d'artistes que nous croisons tous sur Internet aujourd'hui. La répétition d'un même type de peinture crée un exemple concret de la manière de se faire remarquer et permet ainsi à l'artiste d'explorer les couleurs, en harmonie ou avec une palette réduite : des possibilités infinies qu'il faut envisager dans une vie si courte !

O : Quelles thématiques ou questions abordez-vous dans votre art ?
JP : Je peins ce qui m'entoure immédiatement. Une journée ensoleillée, un paysage, une journée froide, grise et pluvieuse. Même des assemblages imaginaires de couleurs, jouant sur les textures et les contrastes. Je peins à Cannes, dans le sud de la France et à São Paulo, au Brésil, tant de choses différentes, de lieux, de couleurs et de tons, de quoi remplir vingt vies.

O : Quel est l'outil ou le matériel indispensable à votre création ?
JP : Je peins à l'huile avec un bon couteau à palette. Je suis très bien équipé : j'ai une grande collection de pinceaux magnifiques… mais je n'en utilise que 10 %, toujours les mêmes.

O : Décrivez votre espace de travail.
JP : J'ai deux ateliers d'artiste : un à Cannes (60 m²) et un autre à São Paulo, beaucoup plus grand (300 m²). À Cannes, je peins quatre à cinq mois par an. Au Brésil, j'ai un espace de 100 m² aménagé comme une galerie professionnelle pour présenter mes dernières œuvres aux collectionneurs. L'atelier comprend trois zones de peinture, un espace de travail administratif et un bureau.
L'atelier d'artiste est l'univers de l'artiste ; il faut du temps pour le construire, pour ajouter ces éléments de décoration et autres objets qui, en y entrant, époustouflent le visiteur.

O : Parlez-nous d'une de vos œuvres qui vous tient particulièrement à cœur. Pourquoi ?
JP : « Brazilian Walk » est une toile que j'ai exposée à SP Arte, la plus importante foire d'art d'''Amérique du Sud, en 2017. Elle a été sélectionnée parmi les 13 meilleures œuvres par un jury de galeristes et de critiques d'art reconnus de São Paulo. J'étais ainsi cité aux côtés d'''Anish Kapour, Josef Albers, Paulo Pasta, le sculpteur classique Brecheret, Dan Flavin et d'autres. Ce fut un véritable encouragement.

O : Comment gérez-vous les périodes de doute ou de blocage créatif ?
JP : Il m'arrive d'avoir des blocages après une exposition, ou une fois que j'ai réalisé une série de dix toiles… et là… je me retrouve sans inspiration, à rester planté dans mon atelier à boire du café et à regarder des vidéos d'art sur YouTube. Il existe des solutions pour éviter ce blocage : les carnets de croquis, l'aquarelle, ou même ce que je fais actuellement : développer ma présence artistique sur internet. Chaque détail compte.

O : Où voir vos œuvres ?
JP : À Cannes bientôt 🔜
À São Paulo, La Galeria Sergio Caribé

Sur odexpo et Instagram et google julien porisse
julienporisse.com

O : Le mot de la fin…
JP : On ne peut peindre que lorsqu'on est prêt. Certains artistes ressentent cette vocation très tôt, d'autres plus tard. Il n'y a pas de place pour la prétention : l'art doit naître d'un désir authentique de créer, d'exister, de laisser une trace dans cette vie éphémère, de léguer aux générations futures de quoi nourrir leur âme.

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INFOS


DISCIPLINE

PEINTURE
Style - Abstrait - Contemporain
Technique - Peinture à l'huile
Support - Toile
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